Traversée sur le Danielle Casanova (entre Marseille et Ajaccio)

Publié le par Mimosa

Voici le poème d'un des lecteurs de ce blog, que je mets à l'honneur.

Merci Paul, pour ton partage.

 

 

Traversée sur le Danielle Casanova

 

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1
Quand tu laisses Marseille
un peu comme une fête,2 POEME TRAVERSEE
aux éclats du couchant,
la rade illuminée,
la fièvre te saisis
de penser à la Corse.
Les jeunes, à pied, s'engouffrent
sur les meilleurs des ponts
pour bien voir la manoeuvre,
et le soleil couchant,
qui luit sur Marseille
et irise le soir.

 

 


2
Bientôt le château d'If
s'éloigne de la vue,
et l'air marin attise3-POEME-TRAVERSEE.jpg
l'envie de festoyer
des premières "Pietra"
et puis des "Merendella"
Cette nuit de "ferry"
n'est pas prompte au sommeil
car même en traversant
tu es rendu à l'Ile
qui déjà te saisis
comme une enchanteresse.
Parfois si ton budget
te permet ce bonheur,
tu t'attables en famille
et devant ces hublots
tu goûtes des mets fins
en regardant la mer.
Cela fait si longtemps
que les saveurs de l'Ile
manquaient à ton palais.
et cette langue Corse,
ces sons que tu retrouves

 

 


3
et parfois tes cousins .
Mais mon meilleur moment
est face la musique
quand je peux siroter
une "desperado"4-POEME-TRAVERSEE-copie-1.jpg
fraîche en cette nuit
si pleine de promesse.
Mais si bonne fortune
n'a pas cligné des yeux
du regard d'une belle,
il faut bien dormir
ou du moins essayer
tant la nuit est magique.
Mais le matin arrive
ou une ritournelle,
te réveille en douceur.
déjà les ponts sont pleins
des premiers à humer
les senteurs d'Ajacciu.
Mais qu'il est difficile
de rompre avec ces charmes,
du golfe qui s'éveille
et de se préparer

 

 


4
à quitter le spectacle
de la ville endormie.
Il faut bien débarquer5-POEME-TRAVERSEE.jpg
soit par la passerelle,
soit des soutes fébriles
ou les derniers moments
paraissent infinis
et le choc se produit.
Sur la terre de l'Ile,
tu sais bien que la Corse
la secrète, la belle,
t'accueille en beauté
avec tous ses parfums
sa luminosité .
Cette, fois, pas de doute
tu y es dans cette île
et aussitôt le charme
brûle de tous ses feux
et si nous attendions
le marché, ses saveurs.

 

 

 

5
Mais déjà les cousins
exigent ta présence
tu n'es plus dans Paris,
sa foule solitaire.
Ici, il faut parler
et échanger des vies.6-POEME-TRAVERSEE.jpg
Mais déjà, un appel
monte en toi et te prends
celui de la fraîcheur
du village perché,
et de ses châtaigniers
dans la mer des fougères.
Tu ne peux plus tenir
et comme les anguilles
des Sargasses venues,
Il faut bien y répondre
à l'appel des Montagnes
au besoin du village.
Car, la Corse est montagne
et villages groupés.
Là, où brille l'esprit
des hommes fiers et libres,

 

 


6
au parler rocailleux
autant que leur granit.


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Paul Arrighi, août 2010.

Publié dans Contes et poésies

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